Parlons d’abord du droit aux soins palliatifs

Le 11 décembre 2012 — Alors que la Cour suprême du Canada se penche cette semaine sur la cause Rasouli, plusieurs questions cruciales ont refait surface, dont le débat opposant le droit à des soins palliatifs de qualité et la volonté de vouloir prolonger la vie à tout prix. Qu’est-ce que je voudrai en fin de vie, et de quoi aurai-je besoin? Est-ce que j’aurai de la douleur, et aurai-je besoin de médicaments pour soulager mes symptômes? Comment puis-je faire connaître mes volontés en matière de soins de fin de vie à mes proches et amis? Où puis-je trouver de l’aide à cet égard? Et si je tombe malade, est-ce que je deviendrai un fardeau pour mon entourage? Quelles décisions aurai-je à prendre?

De nombreux Canadiens ne savent pas à quoi s’attendre en ce qui concerne leur fin de vie. Cette incertitude amène souvent les gens à se questionner quant à la façon dont ils souhaitent mourir et à se demander comment ils pourraient avoir une meilleure maîtrise de leur fin de vie. Dans notre société, une telle réflexion exige de considérer des questions controversées, comme celles qui sont au cœur du cas Rasouli.

Or, l’Association canadienne de soins palliatifs (ACSP) croit qu’il est temps de rouvrir le débat entourant le droit à des soins palliatifs de grande qualité pour tous les Canadiens en fin de vie.

Les soins palliatifs visent à soulager la souffrance et à améliorer la qualité de vie et la qualité du décès. Ils sont destinés à aider les patients et les familles à affronter d’importants problèmes physiques, psychologiques, sociaux, spirituels et pratiques, et à composer avec les attentes, les besoins, les espoirs et les craintes qui sont liés à ces problèmes. Les soins de fin de vie procurent des occasions d’expériences significatives et de croissance personnelle et spirituelle aux personnes se préparant à mourir, et aident les gens à faire face à la perte et au deuil.

 Les soins palliatifs sont les plus efficaces lorsqu’ils sont prodigués par une équipe de professionnels de la santé possédant les connaissances et compétences requises dans tous les volets des soins de fin de vie. L’euthanasie, le suicide assisté par un médecin et l’aide au suicide ne font pas partie des interventions propres aux soins palliatifs. [i]

 Aussi, tous les Canadiens devraient préparer un plan préalable de soins, et ce, bien avant de recevoir le diagnostic d’une maladie potentiellement mortelle. La planification préalable des soins ne signifie pas nécessairement de préparer un document ou de mettre ses volontés sur papier; il s’agit plutôt de discussions au sujet de volontés et de préférences avec ses proches, amis et prestataires de soins, et peut-être aussi avec des professionnels de la finance ou du droit. Le volet le plus important de la planification préalable des soins est en fait de discuter de ces questions avec son mandataire, c’est-à-dire la personne qui pourra parler en notre nom et prendre des décisions. Pour en savoir davantage sur la planification préalable des soins et obtenir les ressources gratuites de la campagne « Parlons-en : dialogue sur les décisions de fin de vie », on peut visiter le www.planificationprealable.ca.

Plus de 259 000 Canadiens meurent chaque année,[1] et étant donné le vieillissement de la population, ce chiffre continuera de croître. D’ici 2026, 330 000 personnes perdront la vie annuellement, et en 2036, elles seront 425 000.[2]

La question se pose : est-ce que tous ces Canadiens pourront recevoir des soins palliatifs de grande qualité? À l’heure actuelle, seulement 16 % des personnes mourantes ont accès à des soins palliatifs et des services de fin de vie de qualité (ou en reçoivent),[3] et trop de gens meurent dans la souffrance, souffrance qui pourrait pourtant être traitée de façon beaucoup plus efficace.

L’ACSP croit qu’il est temps d’effectuer un virage et de faire valoir le droit à des soins palliatifs et de fin de vie de qualité. Parlons d’abord de soins palliatifs.

Pour en savoir davantage sur la campagne « Parlons d’abord des soins palliatifs », prière de visiter le www.acsp.net/.

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Pour de plus amples renseignements ou une entrevue, on peut joindre :

 Vanessa Sherry                                             
Agente de communication                                        
Association canadienne de soins palliatifs    
Courriel : vsherry@bruyere.org                                
Téléphone : 613-241-3663, poste 229



[1] Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires, 2000-2026. Statistique Canada, no de cat. 91‑520.

[2] Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires, 2000-2026. Statistique Canada, no de cat. 91‑520.

[3] Institut canadien d’information sur la santé. 2007. Utilisation des soins de santé en fin de vie dans les provinces de l’Ouest du Canada. Ottawa : ICIS.



[i] [i]Association canadienne de soins palliatifs. Modèle de guide des soins palliatifs : fondé sur les principes et les normes de pratique nationaux. Canada : 2002.