Spiritualité en contexte de soins de fin de vie et de longue durée : le rôle des travailleurs sociaux

La spiritualité joue un rôle considérable dans le mieux-être holistique des patients recevant des soins palliatifs et de fin de vie. En tant que travailleuse sociale en soins de longue durée, j’ai souvent eu l’occasion de participer à la portion spirituelle des soins palliatifs et de fin de vie. Je présente ici mon expérience.

Counseling : discuter de spiritualité

Les clients vivent des moments difficiles lorsqu’ils sont en soins palliatifs et de fin de vie. Ils souffrent sur le plan physique, affectif et social, et sont confrontés à leur fin de vie et à leur mort. Or, plusieurs voient dans la spiritualité une source de soutien, de réconfort et de force. Certains mettent aussi en doute leurs convictions de longue date. Par exemple, l’un d’eux m’a déjà demandé : « J’ai longtemps cru en mon Dieu, mais pourquoi me laisse-t-il souffrir ainsi? ». Les travailleurs sociaux offrent souvent du counseling en soins palliatifs et de fin de vie en contexte de soins de longue durée. Ils doivent donc être prêts à discuter de spiritualité lorsque les clients soulèvent la question. Il est en outre préférable qu’ils acquièrent certaines aptitudes de base en ce qui concerne la façon d’agir lorsque les clients abordent le sujet, des aptitudes telles que l’écoute active et le respect des diverses convictions religieuses des gens.

Collaboration avec d’autres professionnels

Les travailleurs sociaux sont bien placés pour collaborer avec les autres professionnels de la santé à la satisfaction des besoins spirituels des personnes en soins palliatifs et de fin de vie.

Les travailleurs sociaux peuvent entrer en lien avec les clients qui expriment la volonté de recevoir du soutien pastoral.

Avec le consentement du client, un travailleur social peut fournir au conseiller spirituel qui rencontrera la personne de l’information de base sur cette dernière (p. ex., les convictions spirituelles ou religieuses du client).

Le travailleur social peut offrir du soutien plus concret (comme trouver un espace tranquille pour les rencontres du client avec le conseiller spirituel).

Certains clients ont des demandes particulières concernant leur alimentation en fin de vie qui sont en lien avec leurs convictions ou leur religion. Or, le travailleur social est en mesure de mettre en lien un patient et un nutritionniste. Par exemple, une de mes clientes m’a indiqué qu’elle ne voulait plus manger de viande parce qu’elle s’approchait de la mort et qu’elle voulait donc se rapprocher de la nature.

Éthique

Les travailleurs sociaux ont souvent à composer avec des questions d’éthique en contexte de soins de longue durée. Or, en soins palliatifs et de fin de vie, certains de ces cas concernent la spiritualité. En tant que travailleuse sociale, lorsque je rencontre de telles questions, je me tourne souvent vers l’équipe interdisciplinaire pour en discuter. Voici quelques exemples de questions d’éthique rencontrées : l Les groupes religieux organisent régulièrement des discussions sur la vie, la fin de vie et la mort dans les établissements de soins. Ils respectent la diversité des convictions des gens, et n’accueillent que les personnes qui consentent à participer dans le respect des autres. Toutefois, en raison de l’espace limité dans les établissements, certains clients qui ont des convictions différentes et qui sont dans les aires communes risquent d’entendre ce qui est dit pendant ces discussions, et cela peut les rendre mal à l’aise. l Autre exemple : la régie régionale de mon secteur exige qu’après le décès d’un patient, les services funéraires viennent chercher la dépouille dans les cinq heures suivantes, pour des raisons de santé et sécurité pour les autres résidants. Mais un de mes clients voulait que son corps reste sur place jusqu’au lendemain de son décès, parce que sa religion veut que le corps demeure à l’endroit où la personne a quitté le monde des humains suffisamment de temps pour permettre à l’âme d’abandonner le corps et de faire une transition harmonieuse vers l’au-delà.

Bibliographie

Karen Lok Yi Wong a obtenu son baccalauréat et sa maîtrise en politiques sociales à l’Université de York, au Royaume-Uni, et a étudié le travail social à l’Université de la Colombie-Britannique, au Canada. Elle a mené des travaux de recherche et d’analyse dans le domaine des politiques visant les soins palliatifs, de fin de vie et de longue durée, et a publié et présenté des rapports à vaste échelle auprès d’érudits et de professionnels. Elle est travailleuse sociale agréée en Colombie-Britannique, et a pratiqué dans divers contextes, dont des centres de soins de longue durée. Elle a notamment été responsable de l’éthique en matière de soins de longue durée. Elle est également thérapeute-conseillère agréée et certifiée en thanatologie (fin de vie, décès et deuil).

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